COBREVILLE

Blason communal

Un curieux logo accompagne le nom de Vaux-sur-Sûre sur les imprimés émanant de l’Administration Communale. S’y alignent de haut en bas trois oisillons, trois coquilles et deux serpents entrelacés. La revue Vivre-à-Vaux est frappée de son sceau en page de garde et son écu orne l’entrée de la maison communale.

A force d’être partout affichée, son image ne soulève qu’indifférence. Et pourtant! Il s’agit là du respectable blason des Seigneurs de Cobreville. Sa description en langage héraldique nous donne cette lecture:

 

D’or, à la fasce d’azur chargée du champ de trois coquilles d’or, accompagnée en chef de trois merlettes rangées de sable, et en pointe de deux couleuvres entortillées de sable, posées en sautoir et adossées.

 

Derrière ces expressions sibyllines se cache l’origine des « de Cobreville ». Leur vénérable blason a plus de sept cents ans d’âge! Tel un livre ouvert, il nous dévoile un pan d’histoire méconnu et nous invite à découvrir le village de Cobreville, un hameau pittoresque qui fut, en seconde moitié de 16° siècle, le centre de gravité de la prévôté d’Ardenne, sous la férule de Jean de Cobreville et de son épouse Marie de Liefvelt.

 

Étymologie

Au pays de Haute-Sûre s’étire une chaîne de villages aux patronymes flanqués d’une terminaison en « -ville »: Volaiville, Winville, Irville (ancien nom de Grand’Ru), Remoiville et Cobreville. Aux premiers siècles de notre ère, ces implantations dépendaient d’une vaste villa romaine située à Remoiville, l’Hermeivillae.

Sur le site de Cobreville était établie la chèvrerie, ou « caprile villae »; son existence passée est avérée. En 1857, lorsque fut rasé le château seigneurial en ruine au profit d’un corps de ferme, les terrassiers mirent à jour une longue série de fours en briques, probablement les hypocaustes de l’antique habitation romaine. Vers 1880, des fouilles archéologiques réalisées dans un champ tout proche amenèrent la découverte d’urnes funéraires de l’époque gallo-romaine et du bas Moyen-Age.

Au fil des siècles, l’appellation « Caprile Villae » a évolué en « Caprileville », « Cabriville», «Cabraiville », « Cobraiville », et enfin « Cobréville » au 12° siècle.

De Clovis à Ermesinde

Les quatre premiers siècles de notre ère virent les Gallo-Romains développer notre région dans un contexte de paix durable. L’arrivée des Francs se traduisit par le démembrement des immenses domaines agricoles. Du 5° au 13° siècle, Cobreville dépendit  de la Villa Nervia, située sur le site actuel de Nives (Nervia en 1130). Cette entité englobait l’équivalent de la Mairie de Chaumont sous l’Ancien Régime, groupement de villages précurseur de la Commune de Vaux-sur-Sûre.

La vie s’écoula paisiblement en Haute-Sûre sous les Mérovingiens et Les Carolingiens. Clovis se convertit au Christianisme et les Rois francs utilisèrent la religion pour unifier les territoires conquis. Le partage de l’Empire de Charlemagne en 843 à Verdun entraîna le morcellement de notre région en plusieurs comtés, duchés et marquisats, sans oublier les grands domaines religieux, telle l’Abbaye Saint-Maur à Verdun, dont dépendait la Villa Nervia.

La féodalité vivait alors ses sombres heures de gloire. Le régime féodal fut un infernal mélange d’asservissement des paysans, de brutalité guerrière et de religiosité exacerbée.  Chaque petit monarque, -duc, comte, marquis ou évêque-, contrôlait sa portion de territoire et s’efforçait d’acquérir richesses et pouvoirs.

La société se divisait en trois castes: les paysans, les religieux et les guerriers. Ces derniers portaient le titre de « francs-hommes », car affranchis de toute redevance à leur souverain. En échange, ils devaient fournir armes, soldats, chevaux et accompagner leur chef lors des guerres, incessantes à l’époque.

Vers 1225, la Comtesse Ermesinde siffla la fin de la récréation et réorganisa le Duché de Luxembourg. La Villa Nervia entra dans son giron en 1242 et fut morcelée en fiefs attribués à différents Seigneurs. La Cour de Nives fut circonscrite aux villages de Sûre, Cobreville, Nives et Remichampagne, tandis que Rosières et Morhet furent attribués à l’Abbaye de Saint-Hubert.

 

Des ancêtres guerriers

En 1293, la Maison de Cobreville était un franc-alleu, dont l’occupant était seul maître après Dieu. Lambins de Cobreville était un franc-homme de haut lignage. Sous le titre d’Escuyer, il siégeait à la Salle de Bastogne, sorte de Sénat mis en place par Ermesinde dans les prévôtés de son Duché de Luxembourg.

Lignacier de petite noblesse, le gentilhomme de Cobreville possédait ses armoiries, lesquelles attestaient des services guerriers rendus par ses ancêtres. Les pays déshérités ont souvent compté parmi leurs fils d’excellents soldats: Mongolie, Sparte, Macédoine, Ecosse, Pays Basque, Scandinavie. Notre petit coin d’Ardenne, au climat rude et à la terre ingrate, n’a point failli à cette règle. Le grand Jules César lui-même évita de combattre nos ancêtres les Sègnes, qu’il surnommait les « Féroces ». Rappelons-nous également les exploits des Chasseurs Ardennais lors de la campagne des 18 jours en 1940. « Résiste et mords » n’y furent point de vains mots.

Les francs-hommes de Cobreville et des seigneuries voisines disposaient dès lors d’importantes ressources humaines parmi leurs sujets, par ailleurs taillables et corvéables à merci. Contraints de laisser derrière eux leurs propres foyers sans défense, les soldats de Haute-Sûre accompagnèrent les troupes du Comte de Luxembourg, allié du Saint-Empire germanique, un peu partout en Europe. Ils ont guerroyé face aux Ducs de Brabant, aux milices flamandes, aux troupes du Roi de France, …

Ils ont aussi et surtout participé aux Croisades, lesquelles eurent lieu de 1095 à 1292. Le blason de Cobreville en atteste et nous livre tous ses secrets.

 

Deo Favente

Les Croisades furent au nombre de huit, par voie de mer ou par terre. Elles furent le théâtre de massacres sanglants. La soldatesque de l’époque dévastait tout sur son passage, se livrant aux pillages et aux pires exactions sur la population civile, femmes et enfants. Les historiens estiment à deux millions les pertes en vies humaines en Europe, sur les chemins des Croisades; bien davantage du côté des Musulmans. Rappelons également que l’indulgence plénière était accordée par le Pape aux Croisés, pardonnés d’avance de leurs horribles péchés…

La devise des sires de Cobrevilles était « Deo Favente »; elle est gravée sous les armoiries de la famille, sur une pierre encastrée au mur du porche d’entrée de l’église de Nives. Elle se rapporte sans nul doute aux Croisades.

« Deo Favente », « A la grâce de Dieu », était à l’origine un cri de guerre et de ralliement, lancé par les Croisés lors des batailles engagées contre les ‘Infidèles’, au même titre que le célèbre « Deus lo vult », « Dieu le veut » braillé par Pierre l’Ermite lors de la première Croisade.

 

Le blason de Cobreville

Pour s’identifier clairement et rallier leurs hommes sous leur bannière, les capitaines et chevaliers ornaient leur bouclier, nommé écu, de différents signes d’identification très voyants, appelés « armes ». Ces idéogrammes signalaient leur nom et leurs faits d’armes.

Les hérauts donnaient les instructions lors du façonnage de l’écu, et celui-ci se complétait au fil des batailles, de génération en génération. Ils utilisaient le langage dit « héraldique », lequel est toujours utilisé pour lire les blasons des grandes familles et des institutions.

           

Signification du blason de Vaux-sur-Sûre

L’écu des Seigneurs de Cobreville est dit :

  • « D’or», expression qui donne sa couleur de fond. L’OR est signe de lumière céleste, d’audace, de supériorité, de volonté et de puissance.
  • « à la fasce d’azur»: la « fasce », ceinture honorifique posée sur l’écu en son milieu, était décernée par l’ancien collège des hérauts, pour récompenser une vaillante conduite durant les Croisades; la fasce rappelle à son propriétaire qu’il doit toujours être prêt à assumer une charge publique. L’AZUR, de couleur bleu-ciel, est signe de loyauté, chasteté, justice, vérité et fidélité.
  • « chargée de champ de trois coquilles d’or»: une Coquille désigne les pèlerinages et les voyages d’outre-mer. Les chevaliers revenant de la Croisade portaient pour la  plupart l’emblème traditionnel, une valve creuse de Coquille Saint-Jacques. Les Sires de Cobreville ont sans doute participé à des Croisades voyageant par voies de mer.
  • « et accompagnée en chef de trois merlettes rangées de sable »: ces oisillons sans pattes ni bec sont présents « en chef » (à la place de la tête) au-dessus de la fasce. Lorsqu’ils apparaissent ainsi par groupe de trois, ils ont une signification sainte et sacrée eu égard à la Sainte Trinité. Le nombre « trois » signifie par ailleurs « un grand nombre » Les merlettes dites « de sable » (de couleur noire) évoquent la sagesse, le zèle, la constance dont devaient faire preuve les chevaliers croisés. Les pieds et becs coupés sont les stigmates du combattant qui a fait le voyage d’outre-mer pour la délivrance des lieux saints et qui s’est laissé mutiler plutôt que de commettre une lâcheté indigne d’un Croisé.
  • « et en pointe de deux couleuvres du même entortillées, posées en sautoir et adossées »: ces armes sont dites « parlantes ». Elles comportent des figures qui, par la sonorité de leur nom ou par leur image, évoquent plus ou moins directement le nom du possesseur du blason. Les couleuvres (coluber en latin) évoquent le nom de « Cobreville »; elles sont présentes également sur le blason de Colbert, homme d’état français sous Louis XIV, et sur celui du canton de Collobrière, en Provence. Pourquoi sont-elles au nombre de deux? Deux frères « de Cobreville » ont peut-être servi ensemble aux Croisades, combattant adossés et protégeant l’un l’autre leurs arrières.

 

Le blason de Vaux-sur-Sûre

L’esprit chevaleresque illustré sur les blasons des Croisés ne fut guère respecté lors des expéditions guerrières…

Désormais, l’emblème de notre Commune vous a livré ses secrets. Il évoque tout d’abord un village et son passé glorieux, lorsque les Seigneurs de Haute-Sûre guerroyaient en Terre Sainte et partout en Europe.

Lavé du sang qu’il fit couler aux heures les plus sombres de son histoire, le blason de Cobreville représente les valeurs morales de la chrétienté. Il rappelle chaque jour à nos édiles les vertus chevaleresques dont ils doivent faire preuve, afin de gérer notre Commune en nobles Seigneurs et assurer à leurs sujets prospérité et protection.

 

 

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