MANDE-SAINTE-ETIENNE

 Quelques fermes moyennes seulement, sur un versant, et le site d’une église ancienne, sont les composantes actuelles de ce village au nom significatif.

 Site de l’église disparue. A l’extrémité du hameau, parcelle boisée de chênes et de hêtres, correspondant sans doute à l’ancien cimetière et abritant encore des croix funéraires des XVIIIe et XIXes en calcaire et en schiste ardoisier. Dans la chapelle du XXe établie au centre, dalle funéraire en calcaire.

Le vieux cimetière de Mande-Sainte-Marie mérite sans aucun doute une visite. L’atmosphère désuète de ce petit enclos arboré, dans son cadre champêtre, a quelque chose de romantique et est propre à inspirer une certaine nostalgie. Il compte quelques vénérables pierres tombales et des vestiges lapidaires. La plus ancienne remonte au XVIIè siècle : « Ci gît Fr(ançois ?) Tiri de Chenogne décédé (le)15 novembre 1656 ».

L’histoire du hameau lui-même ne manque pas d’étonner. Ainsi, on apprend avec intérêt que les vieux chemins empruntés depuis le cimetière jusqu’à l’aplomb de Morhet suivent l’ancien tracé de la voie romaine Cologne-Reims. Mais n’est-il pas surprenant aussi qu’une église importante, voire un château aient pu s’élever tout à proximité du site du cimetière ? L’existence du château reste mystérieuse. Mais celle de l’église est confirmée par des écrits et plans. En fait, Mande-Sainte-Marie semble bien n’avoir jamais formé un véritable village, mais constituait une paroisse, attestée dès 1243. Elle étendait sa juridiction sur de nombreux hameaux. Elle aurait eu, à l’origine, plus d’importance que Bastogne ! La tradition locale prend d’ailleurs un malin plaisir à rappeler cette « supériorité »paysanne sur les citadins bastognards : « Les Bastognards sont venus à la messe à Mande. » L’âge de cette paroisse semble se situe au XVè siècle, sous les ducs de Bourgogne. Et même, par la suite, le prêtre y sera secondé par des vicaires. La paroisse de Mande-Sainte-Marie sera officillement démembrée en 1877 et son siège transféré à Chenogne. Quant à l’église elle-même, elle avait été joliment restaurée en 1870…pour être détruite en 1894. Les « travaux inutiles » ne datent donc pas d’aujourd’hui ! Un petit bout d’histoire qui confirment les surprenants avatars qu’ont connus bien des coins, souvent ignorés d’ailleurs, de nos régions.

Brassens a écrit sa Supplique pour être enterré sur la plage de Sète. Il ne déplairait pas de passer mon éternité dans la paix champêtre de ce cimetière hors du temps, aux abords d’un

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